Par Nouh Mohamed Mahmoud, journaliste et écrivain
À une époque où les cartes se brouillent, où la compétence tend parfois à s’effacer devant le vacarme des allégeances, et où l’intégrité devient une denrée rare dans un espace public épuisé par les calculs et les intérêts, certaines personnalités se distinguent non parce qu’elles recherchent les projecteurs, mais parce qu’elles ont choisi de faire de l’intégrité un mode de vie, de la compétence une responsabilité et de la probité à l’égard des deniers publics un principe qui n’admet aucun compromis.
Parmi ces personnalités figure le docteur Sidi Ould Salem, physicien et haut cadre qui a su réunir la rigueur de l’esprit et la noblesse du comportement, la formation scientifique et la rectitude morale, la spécialisation académique et l’amour du Messager de Dieu, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui, ainsi que l’art de célébrer ses mérites.
Parler de Sidi Ould Salem ne saurait se limiter à son parcours scientifique ou professionnel. L’homme incarne un autre modèle de l’élite dont la Mauritanie a aujourd’hui besoin : une élite qui considère la fonction comme une charge et non comme un honneur, les deniers publics comme un dépôt sacré et non comme un butin, et la responsabilité comme un service plutôt que comme un moyen de s’enrichir ou de bâtir une influence.
Peut-être la plus belle dimension de cette personnalité réside-t-elle dans le fait que la science, pour lui, ne s’est jamais réduite à des diplômes ou à des titres académiques. Elle s’est accompagnée d’un comportement qui traduit, dans la vie de son détenteur, la véritable valeur du savoir. Le mathématicien qui travaille avec les nombres, la logique et la précision semble appliquer, dans sa vie publique, une équation morale d’une remarquable simplicité : ce qui ne vous appartient pas ne vous appartient pas ; ce qui vous est confié doit être préservé ; et toute responsabilité que la patrie vous a confiée doit être assumée avec loyauté et probité.
En Mauritanie, où l’État doit, à ce stade de son histoire, redonner toute sa valeur aux critères de compétence et d’intégrité, de tels modèles apparaissent comme bien davantage que de simples noms susceptibles d’occuper des fonctions. Ils constituent une véritable nécessité nationale.
Le pays n’a pas seulement besoin de ceux qui savent parler de réforme ; il a besoin de ceux qui portent la réforme dans leur propre conduite. Il n’a pas besoin uniquement de ceux qui brandissent le slogan de la lutte contre la corruption ; il a besoin de ceux qui disposent d’une telle solidité morale qu’ils demeurent à l’abri de la tentation des deniers publics et des avantages liés au pouvoir.
Ce modèle gagne encore en noblesse lorsqu’il est associé à la dimension spirituelle de la personnalité du docteur Sidi Ould Salem. Il compte parmi ceux qui se sont spécialisés dans l’éloge du Prophète, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui, faisant de l’amour du meilleur des hommes une dimension de sa vie intellectuelle et spirituelle.
Or l’amour du Prophète, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui, ne saurait se réduire à des paroles prononcées ou à des poèmes récités. Il est aussi éthique, comportement et imitation de son exemple. Dès lors, le plus bel éloge que l’on puisse adresser au Prophète est de transformer son amour, dans la vie de celui qui l’aime, en honnêteté, en droiture, en désintéressement, en compassion et en noblesse de caractère.
La tradition islamique a largement évoqué la noblesse et le mérite de l’éloge du Prophète, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui. On rapporte également, dans la mémoire collective, la notion d’intercession en faveur de ceux qui l’aiment et célèbrent ses mérites. Mais ce qu’il convient surtout de retenir, c’est que l’amour du Prophète acquiert toute sa valeur lorsqu’il devient une incitation à suivre son exemple dans la sincérité, la loyauté, le respect des droits et la préservation des biens confiés.
C’est ici que les deux dimensions se rejoignent dans la personnalité de Sidi Ould Salem : un savoir fondé sur la raison, un amour nourri par le cœur et une intégrité qui transforme l’un et l’autre en comportement.
La Mauritanie a aujourd’hui besoin de cette équation.
Elle a besoin de compétences qui ne séparent pas le savoir de la morale, la réussite de l’intégrité, la responsabilité de la piété et l’amour de la patrie de la préservation de ses ressources.
Dans une période délicate de l’histoire du pays, la véritable question n’est plus seulement : qui possède la capacité d’accéder à une fonction ? Elle devient surtout : qui possède la capacité d’exercer cette fonction sans que celle-ci ne l’entraîne vers ce qui déplaît à Dieu et porte atteinte aux intérêts de la patrie ?
C’est là que réside la valeur des hommes qui ont fait de la probité à l’égard des deniers publics une composante de leur personnalité, de l’intégrité une ligne de conduite permanente et non une attitude circonstancielle, et de la compétence une réalité plutôt qu’une prétention.
La Mauritanie ne manque ni de diplômés, ni d’ambitions, ni de beaux discours. Mais elle a davantage besoin de compétences intègres, d’hommes auxquels on peut confier les responsabilités de l’État sans que leur boussole morale ne change, et qui, lorsque s’ouvrent devant eux les portes des deniers publics, se souviennent que ce qu’un homme laisse derrière lui après son départ n’est pas ce qu’il a amassé, mais ce qu’il a préservé, accompli et amélioré.
Sous cet angle, le docteur Sidi Ould Salem n’est pas simplement un haut cadre, un mathématicien ou un homme qui célèbre les mérites du Prophète, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui. Il représente une certaine conception de l’élite que la Mauritanie gagnerait à voir retrouver toute sa place dans la vie publique : une élite qui conjugue le savoir et l’intégrité, la formation et la piété, la compétence et la probité.
La Mauritanie est peut-être, aujourd’hui plus que jamais, en quête de tels modèles. Car la construction de l’État ne repose pas uniquement sur des programmes ; elle dépend aussi des hommes et des femmes capables de porter ces programmes avec des consciences éveillées.
Si la patrie recherche la compétence, qu’elle recherche la compétence intègre.
Si elle recherche l’homme d’État, qu’elle recherche celui que l’État ne corrompt pas.
Et si elle recherche la réforme, qu’elle se tourne vers ceux qui ont commencé par réformer leur propre conduite avant d’appeler les autres à la réforme.
Telle est, à mes yeux, la véritable valeur du modèle incarné par le docteur Sidi Ould Salem : chez lui, le savoir n’est pas séparé de la morale ; l’amour du Prophète, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui, n’est pas séparé du comportement ; et la responsabilité n’est pas séparée du sens du devoir et de la probité.
À une époque où le besoin d’exemples est devenu plus grand que celui de discours, les modèles intègres demeurent l’espoir discret de voir l’État retrouver son véritable sens, la fonction publique retrouver sa dignité et la compétence comme l’intégrité devenir de véritables critères de choix.
La Mauritanie a besoin d’hommes qui, lorsqu’ils sont présents, font rayonner le savoir ; lorsqu’ils exercent une responsabilité, font prévaloir la probité ; lorsqu’ils prennent la parole, font entendre la sagesse ; et lorsqu’ils servent la patrie, laissent derrière eux une empreinte irréprochable.
