Je n’ai pas voulu écrire sur Yarba Ould El Mane dans l’euphorie de sa nomination. J’ai préféré laisser retomber les premières réactions, prendre du recul et revenir à ce que je connais de l’homme, à travers mon expérience personnelle et les responsabilités que j’ai pu le voir exercer. Car, au-delà de l’événement que constitue sa nomination à la tête de la Société mauritanienne de commercialisation du poisson (SMCP), il y a un parcours, une méthode et des résultats qui méritent d’être examinés.
J’ai eu l’occasion d’apprécier son action au sein de la communication du parti El Insaf. En un temps relativement court, Yarba Ould El Mane a entrepris de redynamiser et de restructurer cet appareil stratégique, dont l’efficacité conditionne en partie la capacité d’un parti à faire connaître ses positions, à entretenir le dialogue avec les citoyens et à rendre compte de son action. Dans un environnement politique où la communication ne saurait se réduire à la diffusion de communiqués, il a travaillé à remettre de l’ordre, à renforcer la dynamique collective et à donner davantage de cohérence à l’action du département.
Mais c’est peut-être sur le terrain politique que son expérience révèle une autre dimension. Sa mission de coordination à Dakhlet-Nouadhibou l’a placé face à une réalité autrement plus exigeante. Cette wilaya, longtemps considérée comme l’un des espaces politiques les plus disputés du pays, possède ses propres équilibres, ses réseaux d’influence et ses habitudes électorales. Le poids d’El Ghassem Ould Bellali et l’ancrage de l’opposition y ont régulièrement contraint le pouvoir à composer avec une concurrence politique particulièrement vive.
Dans un tel contexte, la coordination politique ne s’improvise pas. Elle suppose de connaître les hommes, de comprendre les rapports de force, de maintenir le contact avec les populations et de transformer les orientations nationales en présence politique effective. L’action de Yarba Ould El Mane dans cette wilaya a produit des résultats que ses soutiens mettent en avant, dans un espace où les rapports de force n’ont jamais été acquis d’avance.
Sa nomination à la tête de la SMCP ouvre désormais un autre chapitre. L’entreprise occupe une place stratégique dans la valorisation des ressources halieutiques, la commercialisation du poisson et la contribution du secteur à l’économie nationale. Les défis y sont considérables : performance commerciale, gouvernance, compétitivité et meilleure valorisation des richesses maritimes mauritaniennes.
La confiance placée en Yarba Ould El Mane devra donc se mesurer à l’aune des résultats qu’il obtiendra à ce nouveau poste. Mais cette nomination peut aussi se lire comme la reconnaissance d’un parcours politique marqué par la restructuration, la coordination et le travail de terrain.
En définitive, les nominations prennent tout leur sens lorsqu’elles s’appuient sur une expérience et ouvrent des perspectives concrètes. Pour Yarba Ould El Mane, l’heure n’est plus seulement à démontrer sa capacité à mobiliser : il lui appartient désormais de la traduire en performances économiques au service de la SMCP et de la Mauritanie.
Sneiba Mohamed
